Pierre Bouchard-Une Vie

Apprentissage-droit
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A la "prise de rubans" au Séminaire d’Amos en juin 1956, j’avais déclaré ma vocation comme étant le Droit (diplomatie)

Septembre 1958,

Je commence mes cours à la faculté de droit de l’Université de Montréal et, en 6 semaines, Maximilien Caron le doyen de la faculté me fait abandonner la diplomatie pour la profession d’avocat. La première année fut très difficile à cause des séminaires (2 par semaine) et le manque de ressources à la bibliothèque de la Faculté. Papa me fait rencontrer Me Joseph Blain c.r., dans la bibliothèque de qui je vais m’alimenter sur la place d'Armes.

1959-61 :

Les deuxième et troisième années furent beaucoup plus faciles car je bénéficiais d’une coopérative de notes avec mes confrères Bourbonnière et Crête. Je prenais les notes du premier cours le matin puis je partais faire autre chose.

4iême année de droit; stage de cléricature chez Blain Piché Bergeron Godbout Emery qui viennent de former le plus grand bureau d’avocats francophones à l’époque. Je suis très bien payé: 50$ par semaine. Mon travail consiste principalement à consolider  leurs bibliothèques respectives. 

Premières expériences en « lévitation »; il faut se retrouver devant plusieurs tribunaux à la même heure. Comme tous les jeunes stagiaires et même avocats de la période, je vis dans la terreur Brodeur, greffier de la cour de pratique (ch. 31).

Un jour je vois un avocat éminent, John Ahern, lire le dossier d’un autre avocat alors que ce dernier est absent de la cour. En me voyant l’épier, il a un sourire et il continue. L'expérience de nos ainés...

Printemps 1962:

Études pour examen du Barreau: je loue un chalet à Mont Rolland pour 3 mois d'études en solitaire. Régime d’ascète: j’étudie les codes que je dois savoir par cœur, durant 12 périodes de 50 minutes chaque jour, 7 jours par semaine; je m'accorde une journée de repos par 15 jours pour aller voir Louise qui deviendra ma femme l’année suivante.

Juin 1962:

Examen de Barreau au gymnase Mc Gill:  2 jours de torture : 5 examens dont Code civil et Code de Procédure civile théorie par cœur (nous n'avons pas droit au texte). Nous utilisons des amphétamines, qui sont encore des drogues légales, pour nous mettre en forme. Ça fonctionne, mais Pierre Sylvestre ne s’en remettra jamais.

Septembre 1962:

Assermentation devant Charles Coderre au Barreau de Montréal. Mon attestation parle du 3 juillet mais je faisais trop d’argent dans mon commerce de vente d’équipement de camping (Centrale de Camping enrg.). Je finis donc ma saison avant de m’assermenter.

Septembre 1962:

Je suis engagé par Blain Piché Bergeron Godbout Emery, 1405 rue Peel, 3ème étage, Montréal au salaire de 4,500$ par année. Je passe mes 9 premiers mois sans  plaider. Guy Marcotte est mon mentor.

Des souvenirs :

o George Paquin (Motel Cadillac) fut mon premier client. Il était aussi propriétaire du Café St. John sur St Laurent. J’ai plaidé pour lui des défenses invraisemblables en cour municipale de Montréal, et j’en ai gagné plusieurs.

o Juge André Montpetit à qui je m'adresse sans toge en cour de faillite: "j’entends quelque chose mais je ne vois rien."

o Quand je commence à plaider seul, ce fut très dur: après 1 victoire,  j’enregistrai 7 pertes,  puis 1/3- 2/3,50-50, et finalement un deuxième gain. Georges Emery m’a bien aidé lors de son "debreifing" de toutes les causes que je perdais.

Automne hiver 1963-4 :

Je fais des études post-graduées à New York. en planification des successions.

Été 1964 :

Party de Blain Piché dans les Laurentides à l'Estérel. J'en profite pour organiser une exposition des dessins des enfants de mon frère Yves, Michelle 4 ans et Jacques 3 ans sous une tente "Cabanon". Grand succès; Il y a même un encan de leurs « œuvres ».

Septembre 1964 :

Je suis congédié du bureau avec avis de 30 jours, car j’ai eu maille à partir en politique avec Claude Wagner,  alors ministre de la Justice du Québec. Ceci coïncide avec ma séparation de Louise. Je travaille comme un chien et je réussis à reconquérir ma place avec une augmentation de salaire : 7,000$ par année et on me promet de me changer de département!

1965 :

J’annonce au juge Denis que son fils (Charles) est  congédié du bureau à cause de l’affaire Lucien Rivard. J’ai dû bien faire cela car, par la suite, j’ai gagné 14 causes de suite devant lui (dans toutes mes plaidoiries, je trouvais le moyen de parler  du « beau comté de Joliette »). A l'époque je devais plaider au moins 200 causes par année, toutes en cour du Magistrat (juridiction maximum 200$!!!)

1966:

Je laisse Blain Piché parce qu’ils n’ont pas tenu parole pour le changement de département: je suis toujours dans le « fender bender » (accidents d’automobile sans blessures). Au début de ma recherche d’un nouvel emploi, je rencontre au vestiaire de l’ancien palais de justice, un des mes confrères de  l'Université de Montréal, Bernie Reis (mort en 1999).  Il me fait rencontrer son patron Samuel Chait c.r. au 36ème étage de la Place Ville Marie. Il cherche un francophone plaideur pour aller en province. Je suis son homme. Salaire : 11000$ par année plus 1/3 de mes clients.

Ma première cause chez Chait Aronovitch Gelber Salomon & Brownstein: 80,000$ contre Miron et Anglin-Norcross. Quel changement!

Souvenirs

Mars 1968:

Je m'occupe du problème des Immeubles Rockhill sur Côte des Neiges: j’obtiens une dérogation pour 2 étages de la Ville de Montréal (je rencontre  Jean Drapeau et  Lucien Saulnier) pour la Metropolitan Life qui les avait construit illégalement. Ceci me vaut la recommandation de Me Chait à Alec Rubin de Revenue Properties qui veut s'étendre au au Québec.

Juillet 1968:

Fondation de la Société d’Habitation Urbaine Inc. (SHU), première entreprise privée à se spécialiser au Québec dans l’habitation sociale (résidences d’étudiants, foyers de l’âge d’or et habitations à loyers modiques) avec la formule "clé en main". Nous ne réussirons qu’à obtenir que deux projets dans  la ville de Québec, construits en 1970. Somme toute, nous avons été des missionnaires.

Automne 1969:

Bruxelles. Projets de développements immobiliers en Europe avec Consortium des Parkings. Premiers contacts avec les condominiums et le temps partagé.

1er décembre 1969 :

Revenue Properties, en raison de difficultés financières liées à une déclaration erronée au « SEC » américain, retire son appui financier à SHU.

14 janvier 1970 :

Résolution de la Ville de Québec pour projet de Revenue Properties (Sorev construction) Jacques Cartier. Trop tard!

1er février 1970 :

Avec Stan et Sam, je fonde comme associé la firme  de Bouchard Cytrynbaum et Wex au 13 ième étage du 500 place d'Armes.