Pierre Bouchard-Une Vie

Camp St Regis
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Une autre expérience: le camp d'été!

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Étés 1952 et 53: Camp St-Regis, Easthampton Long Island NY.USA.

Papa m’y envoie pour apprendre l’anglais et me débarrasser de ma timidité. Ce fut efficace car après deux semaines  je pensais en anglais; j’en ai également gardé pendant des années, un affreux accent de Brooklyn.

J’arrive seul, par train à Grand Central Station en provenance d’Amos avec transfert à Montréal. Il a bien fallu que je me débrouille même si je ne parlais pas anglais. Je prends un taxi pour rencontrer mes futurs amis à Brooklyn. Avant, je me fais engueuler parce que je n’ai qu’un 5$ pour payer un coke : un marin me dépanne en me donnant 10 cents. Je vois des soldats américains de retour de Corée dans la gare et ça m’impressionne.

MM Don Kennedy & Bo Adams sont les propriétaires du camp : Atmosphère vaguement militaire : nous sommes réveillés au son du clairon, nous saluons le drapeau américain et récitons le  « Pledge of allegeance ». J'ai appris que Don Kennedy est mort en 2004 à 97 ans et qu'il avait continué à exploiter ce camp d'été jusqu'au début des années 80. J'en ai retrouvé l'emplacement sur Earth Google, mais le camp lui-même n'existe plus.

Sur Facebook, j'apprends qu'une réunion d'anciens campeurs  a eu lieu  en juillet 2013 à l'occasion des 30 ans de la fermeture. Je me rends compte qu'aucun de mes amis n'y est allé. Je crois avoir retrouvé certains d'entre eux sur Facebook et je vais les contacter... à suivre (février 2015). Malgré plusieurs tentatives, aucune réponse (juin 2016)

Souvenirs :

o Mon premier repas consiste en pommes de terre pilées car c’est le seul plat à ma portée. Curieux, mais j’ai vite appris l’anglais-cuisine, sans quoi je n’aurais pas mangé…..

° Je suis nul dans les sports d’équipe (softball, basketball, volleyball); je suis toujours choisi en dernier lors de la formation d"équipes (Notre-Dame). Malgré tout, on force les équipes à nous utiliser tous et un jour au softball, j’ai effectué un attrapé-miracle au 2ème but.

o Course d’endurance : j’ai fait le mille en un peu moins de 5 minutes.

o Nage longue distance : J’ai gagne pratiquement seul (65%) la course à relais Camp St. Regis-New York (110 miles) pour l’équipe Notre Dame en août 1953.

o Nage sous l’eau : Je suis le champion toutes catégories de la nage sous l’eau en distance. Plongée sous-marine en vue!

o J’excelle au tir à l’arc.

o Je montre à mes coéquipiers comment on coupe un arbre en forêt. C’est ainsi qu’on m’accepte dans le gang irlandais des campeurs de Brooklyn.

o En 1953, je rencontre Jacques Sejourney de Haïti qui parle français; je l'aide à s'adapter.

º Je suis rationné à deux livres pour l’été. Moi qui aime la lecture!

o J’apprends le tir d’un instructeur des « marines »; cela m’a bien servi plus tard.

o Je savais mieux me servir d’un canot que l’instructeur.

o La grande aventure d’un voyage « overnight » de l’autre coté de Shelter Bay en bateau à voile. Mon expérience de scout dépanne mon groupe car il pleut cette nuit-là.

o Pêche aux "clams" avec bêche spéciale.

o J’y apprends les rudiments de la voile.

Comme le voulait papa, le Camp St. Regis a été un tournant de ma vie: J’ai appris à me débrouiller dans toutes les situations, j’ai surmonté ma gêne et j’ai enfin maîtrisé l’anglais.

Je ne peux passer sous silence un intermède en août 1953: Georges Swinton, ingénieur de la ville de Atlantic City et ami de papa vient me chercher au camp St. Regis. Il a une Cadillac énorme avec oeil magique pour contrôler les phares. Je vois la TV pour la première fois: il s’agit d’une Dumont avec écran rond. J’essaie le « body surf » et le célèbre « salt water taffy »; sur le mondialement connu  Boardwalk, je vois des films en première mondiale :«Mr Scoutmaster» avec Clifton Webb, «From here to eternity» avec Burt Lancaster et «Stalag 17» avec William Holden. Je suis émerveillé.

 Retour à Amos. J'en ai beaucoup à raconter au Séminaire....