Pierre Bouchard-Une Vie

Candidat
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Cette photo  date de ma première campagne de 1972 comme candidat.

 On m'a souvent dit que j'avais l'air honnête....Ma meilleure photo....

Ma carrière comme candidat

1972-1974

bullet31 mai 1972: débuts politiques dans Lafontaine comté qui englobe une partie du Plateau Mont-Royal et le bas de Rosemont. Essentiellement à l'époque, un comté ouvrier et petit bourgeois. J’y suis venu à cause de mon implication dans les élections provinciales de 1970 où j’avais aidé Conrad Touchette contre Robert Bourassa. J’ai toujours été fédéraliste et comme je m’étais intéressé aux affaires étrangères, il fut normal que je me présente au fédéral. Gilles Pratte et madame Dollard Michaud me dirigèrent vers ce comté qu’ils habitaient tous deux et où madame Michaud était  présidente du parti progressiste-conservateur.
bullet6 juin 72: convention Lafontaine au Buffet Iberville. On réussit à remplir une petite salle de 75 places.
bulletNotre comité est situé au 2ième étage d’un dépanneur coin Delorimier et des Carrières. C’est curieux mais je me souviens que l’essence dans la station-service en face coûtait, cet été-là,  43 cents le gallon impérial (environ 10 cents le litre!).
bulletComme j’en suis à ma première expérience et que le comté est réputé sûr pour les libéraux, les moyens financiers du parti sont très limités et je dois me contenter d’une campagne sur le terrain. J’apprends l’art du porte-à-porte qui est de ne pas perdre de temps tout en ayant l’air de prendre son temps. Amusant : la jolie électrice qui m’ouvre la porte flambant nue et qui m’invite à entrer. Triste : le couple qui a deux enfants handicapés et n’a d’autre solution pour recevoir de l’aide que d’arrêter de travailler et de se mettre sur le «bien-être».
bulletOncle Louis le jésuite me pose des questions sur le Cablevision Nationale. Il fait du prosélytisme en ma faveur à Lucie-Bruneau (maison pour handicapés lourds). Missionnaire et mordu de politique, c’est une redoutable combinaison!
bulletJe rencontre des étudiants qui me posent pour la première fois la question: que ferais-je comme député fédéral si le Québec se sépare? Je réponds que la démocratie mène et que je me soumettrais à son verdict. C’est toujours vrai.
bullet(J’ai mon dernier accident-auto-responsable le soir des élections sur la rue des Érables).
bullet30 octobre 1972 : Élection perdue par 9000  votes contre le député Lachance père.
bulletComme Trudeau est minoritaire et que je n’aurai pas à attendre 4 ans avant la prochaine campagne, je recommence à travailler le comté après mon opération pour la vésicule biliaire en janvier 1973 et ma convalescence en Grèce (juillet 1973).
bullet4 février 1974 : ouverture du comité PC Lafontaine sur la rue Iberville avec Gilles Pratte.
bulletAvril, mai juin juillet 1974 :Cette fois-ci j’ai le fils Lachance comme adversaire. Il devient candidat après une convention houleuse que j’ai 'paquetée' de mes partisans. Le président d’élection Courville en retour me donne la moitié des officiers d’élections. La course est lancée et cette fois-ci le parti considère que j’ai une chance. Il me promet donc un budget en conséquence. Le dernier versement est difficile : le trésorier du parti essaie de me couper et je réagis en m’installant à sa porte au quartier général du parti et en faisant la grève apparente. Je gagne mon point.
bulletAnecdote : Gilles Pratte avait obtenu, je ne sais pas comment, la clef des machines à timbres du parti, dont nous sommes servis gratuitement (pour notre comté) toute la campagne…Mon rôle était de distraire l’attention des responsable le soir tard pendant qu’un commando passaient nos lettres à la machine.
bulletLa garderie du candidat : Gabriel Banville, un merveilleux publicitaire originaire d'Amos et confrère du Séminaire, m’a donné l’idée d’offrir à toutes les mamans de mon comté une garderie pour leurs enfants pendant une journée. Non seulement cette réalisation a t’elle été un succès monstre, mais elle fait couler beaucoup d’encre jusqu’à Winnipeg m’a-t’on dit.

Un grand succès que la garderie du candidat!

bulletDes centaines de petits monstres (dixit Mireille Croteau qui était en charge) nous sont arrivés. Après les photos d’usage du candidat qui fait quelque chose de concret pour aider les mères de son comté, je me suis éclipsé pour aller faire du porte-à porte….
bulletDeal avec Réal Caouette à l’Hôtel Mont-Royal : Il n’y aura pas de candidat créditiste dans Lafontaine. Je suis resté convaincu que papa avait quelque chose à faire dans cette affaire lui qui connaissait bien Caouette. Ce dernier m’a assuré qu’il ne voulait pas faire mal à un petit gars de l’Abitibi….
bulletLe dévouement d’une organisatrice : je me souviendrai toujours de Carmen Robert qui non seulement m’a accompagné dans mon porte-à-porte, mais m’a fourni des steaks de viande chevaline pendant toute la campagne. Excellente viande.
bulletLa visite de Pierre Trudeau dans Lafontaine : On doit chauffer les fesses du libéral puisque le premier ministre lui-même vient prêter main forte à son candidat. Le comité libéral était situé au deuxième étage d’un édifice de la rue Masson. André Loiselle, fils de Roger, un ami de St-Dominique de Bagot, installe son camion de « rendering » (ramassage de bêtes mortes) sous le nez du premier ministre Trudeau qui coupe court à son discours. Il semble furieux…..
bullet8 juillet 1974 : Élection dans Lafontaine perdue par 2000 votes. Claude-André Lachance est élu député à 20 ans et 3 mois. En dépit de tous nos efforts et la faiblesse du candidat libéral, il n’y a rien à faire, la trudeaumanie nous écrase. Fin de ma carrière de candidat.

Je me souviens en particulier du dévouement de tous et de toutes : entre autres Ti-Guy Lévesque, Gilles Pratte, Mireille Croteau, Huguette Ste-Marie, Carmen Robert et tant d’autres dont j’ai oublié le nom. Ce qui m’a fasciné le plus c’est l’insistance de tous à mettre le candidat sur une sorte de piédestal. Un jour que je revenais de faire mon porte-à-porte, je vois mes bénévoles préparer des enveloppes. Je m'assoie avec elles et je commence machinalement à les aider. On me regarde avec surprise et mon organisateur Gilles Pratte vient me chercher pour me faire une leçon: "Ne jamais descendre de ton piédestal". Je n'ai jamais compris. Beaucoup de gens m'ont dit que j'avais changé à cette époque et que j'étais devenu plus humain!