Pierre Bouchard-Une Vie

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Une enfance heureuse à Amos

Mon premier souvenir: Madame Alec St-Onge me donnant un petit anneau de table en forme de poisson vert avec des yeux jaunes.

Je vais en maternelle chez Miss Story pour y apprendre pour la première fois l'anglais.

Septembre 1944:

1ère année à l’école Ste-Thérèse d’Amos avec les Sœurs de l'Assomption; je suis seul à porter les culottes longues contrairement  à mes petits camarades qui ont des culottes courtes l’été et des « breeches » l’hiver. Je me révèle le chouchou des sœurs car très bon en classe et gêné. Maman a conservé mes cahiers de cette époque (Société d'Histoire d'Amos P-113).

Première communion : je me souviens des hosties sur le tableau noir signifiant les bonnes actions. On nous fait chanter le Dieu sauve le Roi en français. C’est la guerre!

Mes amis de l'époque sont Guy Lanouette, Guy Lefebvre (Bean), René Fournier, Marc St-Pierre, André Defoy; je joue au hockey sans patins comme gardien de buts sur patinoire extérieure près de la maison.

Mon premier ami adulte fut notre voisin  Alec St-Onge  qui venait jouer avec moi et que j'aidais à  pelleter la neige jusqu’au chemin de fer. Il me permettait de lire les "comics" du Soleil (Mutt & Jeff, Buck Rogers, Prince Vaillant, Blondie ect) qu’il reliait; il a essayé de m’intéresser à la sculpture sur bois et à la pyrogravure. Pas trop de succès car...les mains pleines de pouces (refrain bien connu).

Je me souviens de notre maison d'Amos (Amos) et de son jardin (carré de framboises). Un monsieur Mailloux venait ramasser les fruits et nous ramenait d'excellentes gelées de "gadelles",  et des confitures de rhubarbe sauvage. Monsieur Frémont le jardinier suisse s'occupait des glaïeuls de maman et des pois de senteurs qu’il faillait attacher sur le mur de la remise. Également l ‘étable de notre voisin  monsieur Blouin et les  senteurs qui mettaient maman hors d'elle. Émile Cloutier, homme à tout faire,  était la patience même et l’homme de confiance de papa. Il prenait la peine de m’expliquer tout ce qu’il faisait. J’ai toujours admiré les gens habiles de leurs mains, car moi j’ai les mains pleines... (bis)

Je me rappelle de la salle de récréation dans le sous-sol de la maison qui était mon endroit favori J'y retrouvais le vieux tourne disque et toute la collection des disques de jazz Blue Bird (introuvables aujourd'hui) que j’ai endommagée avec les aiguilles, le poste de radio qui avait un compartiment secret (souvenir de la prohibition aux USA), le coffre à jouet toujours plein des dernières nouveautés que papa ramenait de ses voyages, la locomotive rouge sur laquelle je m’asseyais, le dictaphone à fil magnétique,  l’orignal des frères Baribeau de St-Jean Port Joli, la tortue gigantesque, ect....

Tout jeune je souffre de strabisme: l'oculiste Martineau  prescrit non pas une opération, mais des lunettes que je porte à compter de l’âge de 4 ans.. Je suis le seul dans ma classe à en porter. J'ai tendance à m’isoler et à lire jusqu’en 1952 (Camp St. Regis). 

Déjà à cette époque maman consulte un médecin pour mon poids: il diagnostique un problème de glande et dis à maman pour la consoler: "avec son métabolisme  il aurait duré 2 fois plus longtemps que les autres  dans un camp de concentration".

8 mai 1945:

Fin de la guerre à la radio. Je suis impressionné par la voix profonde de l’annonceur de Radio Canada.

Automne 1945:

Mort d'un grand ami de papa Jim Norrie, un grand dans l'industrie minière de l'Abitibi. En route pour Truro en Nouvelle Écosse pour ses  funérailles maçonniques, il nous laisse à Montréal à l'Hôtel Windsor: Yves et moi sommes particulièrement turbulents et maman se jure de ne jamais nous ramener à Montréal. Elle tiendra parole jusqu’à 1956 en ce qui me concerne. L'Hôtel Windsor « home away from home »; les portiers connaissaient si bien mon père que, jusqu’en 1964, je pouvais compter sur eux pour me prêter de l’argent en cas de coup dur.

4 mars 1947:

Violente tempête de neige sur l'Abitibi. La maison d'Amos est  littéralement enterrée et les trains sont bloqués des jours durant. Le chemin de fer a eu recours à des souffleuses qui devaient s'y reprendre à deux fois avant de pouvoir passer. La Société d'Histoire d'Amos a de bonnes photos à ce sujet.

1947

Radio: La fiancée du commando; les belles histoires des pays d’en haut;  Radio Carabin  (Roger Garand), Les joyeux troubadours.

Mon premier souvenir de cinéma: le film Beau Geste (scène de la bataille navale en jouet d’enfant) que je vois à la salle paroissiale de la Cathédrale qui n’avait alors que sa cave. Aussi 'Les cinq sous de LaVarède' avec Fernandel.

4 avril 1947:

Incendie à la mine d'or d'East-Malartic 12 décès : le fils de madame Perreault, le favori de maman en est. C'est ma première veillée funéraire.

1947:

 Essai de leçons de piano en face de l’école Ste-Thérèse; un fiasco. pas de talent "mains pleines...(ter);

Mes premières lectures : Livres sur le scoutisme;  les livres de Biggles du Captain John première bandes dessinées Wrill de Belgique, Bayard de France.

21 mai 1947:

Maurice Chevalier arrive à Montréal. Dans les jours qui suivent il vient donner son concert à Amos au théâtre Royal. Maman et moi avons les meilleurs places.

Été 1946-9:

Ste Geneviève de Batiscan à l'est des Trois-Rivières

   avec Yves                                                                                       (Maison de Grand Papa Arthur Bouchard en 1923)

 

 

 

Vacances à Ste-Geneviève de Batiscan chez grand maman Florina Bouchard

bulletJos St-Arnaud me fait conduire sa voiture sur ses genoux.
bullet Je n’arrive pas à suivre Yves avec ma bicyclette à pneu ballon. Il me traite de "chien de poche". Expéditions à "La Petite Pointe"  la" Grande Pointe" et aux Forges de Batiscan .
bulletJ'apprend à nager sur les billots de la drave de la rivière Batiscan.
bulletMes premières frites avec machine à couper les pommes de terre. On fait chauffer l’huile sur un feu de bois dans le jardin; premiers BBQ.
bulletLes petites tantes Cécile et Lucie qui nous surveillent avec vigilance.
bulletJe fais ami avec les Massicotte, fils du gérant de la succursale de la Banque Canadienne Nationale.
bulletLe piano à rouleau automatique chez les voisines qui opéraient aussi le standard téléphonique.
bulletGrand-maman Florina: patience et amour.
bulletMariage de tante Marcelle avec Joe St-Arnaud.
bulletLe pain chaud de la boulangerie Frigon.
bulletLe petit Mayer, qui avait son propre poney avec un sulky, le chanceux. 
bulletLe magasin général  Duval.
bulletLe téléphone à lignes multiples; le vieux téléphone mural; le standard dans la maison d’à coté; les premiers longue distance.
bulletla laveuse à linge convertie à l’électricité : fasciné par le moteur qui fait tourner l’essoreuse.
bulletL’étable à coté. Le tuyau à gaz de marais dont la source s’était tarie avant que je naisse.
bulletLe lait et les œufs de Ti-Fée le voisin immédiat maison jaune ;
bulletL’ancien quai commercial avec des ferrements énormes; on me défend de nager là c’est trop profond;
bulletle vieux pont Bailey.
bulletLes liqueurs Christin propriété d'un lointain cousin.
bulletL’église avec l’ange qui remerciait de la tête quand on versait une obole.

Été 1947:

 Camp de vacances à La Ferme. 1 semaine. Très malheureux. Maman vient me chercher.

Août 1948:

Première visite au club de pêche pour "ramer" Papa. Les chevaux de l’étable près de la route ne servent qu'aux bagages. Il faut marcher un bon 5 milles en montant traverser les marais et endurer les moustiques pour s’y rendre . Pas de moteurs permis. Il faut ramer papa et ses invités ("Ne rames pas avec le cou!!"). Premières prises de truites au quai.

13 juin 1948:

Senneterre est incorporée en ville; l'hôtel Roger propriété du frère de maman. (Les cendriers publicitaires qui annocaient:je l'ai volé à l'Hôtel Roger....) Changement du train qui vient d’Amos au train qui vient de Val d’Or avant de continuer vers St-Prosper, Batiscan,  Montréal ou Québec.

Été 1948:

Je me joins à la meute de Louveteaux à Amos. Réunion à la Salle paroissiale de l’Abbé Rosaire Gendron. Chef de meute François Brien. Scoutisme .

1949 :

Auto de Papa une Ford Monarch 1949 verte pale. Licence sur l’auto: B-413 réservé aux organisateurs Union Nationale. J'ai su par la suite que ce numéro lui évitait tout contact avec la Police Provinciale.

1948-9: 5ème et 6ième années

École St-Viateur: dur  réveil après le chouchoutage des sœurs car je suis moins bon en classe. Après une année dans la vielle école jaune en bois (en arrière de l’école St-Thérèse sur le site actuel de l’hôtel de ville d'Amos) on déménage pour la 6ème année dans une nouvelle école toute neuve : tableaux verts; terrazzo; Club des 4H; je me rappelle les brioches et le demiard de lait pour collation l’après-midi.

18 août 1949:

Décès de A.-A. Drouin, pionnier de l'Abitibi, Sa résidence, coin 1ère rue et rue Principale. fut convertie en bureaux dont celui de papa jusqu'à l'incendie de février 1952

Été 1949:

OTJ (Organisation des Terrains de Jeu). Je me fais remarquer par mon vocabulaire: "la physionomie de la température me dit...."; je rencontre  un vieux prêtre le père Bouillon et ses herbes médicinales. Au  camp louveteau au lac Dudemaine dans le chalet de Mgr Dudemaine je suis victime de somnambulisme (on me rattrape en route vers le lac…).

1949:

Mariage de Isabelle St-Onge fille unique d'Alec avec Léo Brossard; première coupe de champagne à l'hotel Transcontinental.

1949:

Réveil à l’ère atomique: la Russie a la Bombe! La hantise de l’ère atomique commence. Je n’ai commencé à relaxer à ce sujet qu’au début des années 80 . Longues planifications sur ce que je ferais s'il y avait alerte à la bombe. Le plus souvent, je me retrouvais au camp de pêche du Lac Tudhope, mais avec les années, la période d'avertissement  est passée  de 10 heures à 30 minutes avec l'avènement des fusées intercontinentales; alors tout cela est  devenu très aléatoire.

6 mars 1950 :

A l’École St-Viateur, remise des bulletins de la 6ème année. Je déclame le "Singe du Capitaine". Mes amis Marc St-Pierre prés. De la section Georges-Etienne Cartier. Blaise Payeur (les cheveux longs  bouclés), Michel Blanchet, Guy Lanouette, R. Gariepy, Jacques Nadon, Germain Vezeau, M. Lavallée, J. St-Onge, Marc Guillemette et G. Limoges. Les frères Clercs St-Viateur Gamelin et Lacharité.

25 juin 1950:

Invasion de la Corée du sud. Je suis convaincu que la guerre atomique sera déclenchée dans les prochains jours. Introduction à la politique internationale.

6 mai 1950:

Je suis très frappé par l’incendie d'une partie de Rimouski.

14 août 1950:

A Montréal, je prends les dernières photos du bateau navire-croisière "Québec" lorsqu’il quitte le port avant son incendie qui fit 7 morts mais elles ne sont  pas assez claire pour les vendre.

3 Septembre 1950:

Inauguration du Sanatorium St-Jean de Macamic par Maurice Duplessis; je porte la traîne de Mgr J.-Aldée Desmarais (voir photo ci-haut). Je rencontre le premier ministre Maurice Duplessis qui me cause bien gentiment. De ce temps commence mon intérêt pour cet homme politique très controversé. voir Politique-apprentissage