Pierre Bouchard-Une Vie

Référendums
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Mes convictions fédéralistes et anti-séparatistes se sont particulièrement manifestées lors de nos deux référendums sur la souveraineté du Québec :

Référendum mai 1980:

 

J’ai fermé mon bureau pendant six semaines et j’ai travaillé avec Jean Allaire (à ce moment-là du parti libéral), et ce, comme représentant de l’Union Nationale qui existait encore à l’époque. J’haïssais Pierre Trudeau autant qu’Allaire, mais je dois admettre qu’il a éloquemment présenté la thèse que je soutenais. Claude Ryan faisait pitié à coté de Trudeau. Je me suis toujours demandé si Joe Clark aurait eu une telle influence sur le vote : je dois admettre que je ne le crois pas. Le résultat aurait dû tout régler mais nous nous sommes endormis et avons laissé Mulroney prendre le risque du Lac Meech avec le résultat que nous avons eu à tout recommencer 15 ans plus tard.

1 485 761 (40,44%) votent OUI à la souveraineté

2 187 991 (59,56%) votent NON à la souveraineté

 

Référendum octobre 1995:

Organisateur en chef référendum pour le camp du NON dans Anjou.

L’association libérale est tellement divisée qu’il leur faut un organisateur de l’extérieur : ce sera moi. Il y a trois groupes : les Italiens au nord de la métropolitaine, les partisans de Luis Miranda qui contrôle l’hôtel de ville, et les partisans du maire qui ne contrôle pas l’hôtel de ville. Par dessus cela , les conservateurs de l’ancien ministre Corbeil et quelques péquistes dissidents. Ces gens ne se parlent pas entre eux mais vont tous voter NON. Les anglophones du comté sur lesquels je comptais, se sont manifestés mais n’ont jamais voulu étaler leur convictions de peur de se faire casser des vitres.

Parlant de vitres, des vandales ont cassé une des nos vitrines au comité. Je voulais l’exhiber sur le bord du chemin avec une belle pancarte mais mes partisans m’ont dit que cela ne se faisait pas dans Anjou… Pourtant d’autres personnes se faisaient un plaisir de déchirer nos pancartes…

Essentiellement mon rôle avec Patrick Lebrun (facilitateur par excellence) et Réjeane Mathieu (téléphonistes) a été de faire marcher tout ce monde dans la même direction, sans qu'ils se rencontrent. Pas facile.

Défi Anjou

Ma grosse innovation le « Défi Anjou ». Dans environ la moitié des sections de vote, notre énumérateur a accepté le défi de faire augmenter en pourcentage le vote NON par rapport au vote libéral de la dernière élection (1994). Ils n’avaient aucun budget pour ce faire sauf des pamphlets et les listes électorales avec numéros de téléphone. Celui qui a fait le meilleur score s'est mérité 500$.(+39%). Un étude du vote après le référendum m’a démontré que les sections de votes du DÉFI avaient eu une amélioration supérieure de 5.2% sur les sections qui n’étaient pas dans le DÉFI. C’est probablement la meilleure dépense électorale que j’ai faite. Mais j’ai été critiqué…

J’ai aussi introduit l’ordinateur dans Anjou. Mon frère Yves m'a bien aidé. Même si nous n’avons pas pu nous en servir efficacement le jour du vote, il a prouvé son utilité dans la sélection des adresses de notre porte-à-porte. Nos quelques volontaires dans cette activité m’ont toujours dit qu’ils avaient l’impression à chaque fois de visiter un électeur indécis. Ce qui montre l’efficacité de notre identification du vote.

On gagne par 326 votes dans le comté et par moins de 1% au niveau de la province. Au début de la soirée, nos partisans se sont découragés des premiers résultats du vote, mais je me suis gagné l’admiration de beaucoup en disant que le NON allait gagner et ce dès le début.

Anjou s'est distingué en donnant une majorité au NON , étant l'un des deux seuls comtés à le faire qui étaient détenus par le PQ au provincial. De plus nous avons été le  seul comté à rendre de l'argent (800$) au trésorier provincial. Ce fut pour moi une belle fin de carrière.