Pierre Bouchard-Une Vie

Sanmaur
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Sanmaur (1955-56) ou Introduction au travail manuel.

Barrage Gouin en 1955

Village de Sanmaur en 1956

Oncle Louis devant restaurant Pothier en 1956

Mon "shack" en 1956

Jeune travailleur en 1955

Commis de la P. & D. en 1956

A 16 ans, la loi permet  le travail et papa ne s’en prive pas. Il me trouve un travail d ‘été comme manoeuvre, Barrage Gouin  (photo)à 0.85$ l’heure pendant 60 heures/semaine. J’étais nourri et logé. Mon employeur était la P& D Construction.

1955 : Le premier été à la chaleur étouffante, je travaille au barrage Gouin à la naissance de la rivière Saint-Maurice. Le travail est dur et consiste à manœuvrer des poteaux de 10 x 10 et 12 x 12 de bois « B.C. Fir » (Pin de la Colombie) qui servent à bâtir le « coffer dam » du barrage Je n’ai pratiquement pas de dépenses et j’épargne près de 500$ cet été-là.

Les pires souvenirs:

bulletrentrer le premier soir dans une cabane et finir la nuit sur un sommier.
bulletperdre sur une carte ma paye de la semaine. Très bonne leçon… je n’ai jamais rejoué aux cartes pour de l’argent.

Les bons souvenirs :

bulletLa pêche dans le réservoir Gouin est fabuleuse;
bulletJe rédige mes premiers contrats; 
bulletj’écris pour 1$ chacune des lettres d’excuses aux épouses des travailleurs qui ont bu leur paie….
bulletJe retiens l’expression « un virage à s’en voir le derrière de la tête »

1956 : Je suis nommé commis auprès du chemin de fer à Sanmaur (photo).J’ai un « shack » à moi (photo) et je prends mes repas au restaurant (photo avec oncle Louis) du traiteur de la compagnie, Jean Guy Pothier (il deviendra ensuite multimillionnaire avec l’agence de la scie à chaîne Stilh). Il y a dans ce restaurant un juke box qui ne joue que deux morceaux de musique, « Mr Sandman » et « Rock around the clock » J’ai donc bien malgré moi assisté à la naissance du « Rock & Roll » .

D'autres souvenirs :

o Le bootlegger Berman qui  laisse une bouteille de scotch à mon shack pour laisser passer sa valise de boissons vers le barrage Gouin.

o Première bataille d’homme avec le fils Berman qui me traite de « serin » sans que je réalise ce que c’est, sauf pour savoir que ce n’est pas un compliment. J’ai gagné.

o Première femme à La Tuque.

o Sous mes yeux, une infirmière chez les indiens, garde Cinq-Mars, poursuivie par ceux-ci, doit se sauver de la réserve en canot.

o Le bordel de Sanmaur dans la cabine d’un camion en arrière de mon « shack ».

Sanmaur m’aura appris qu’il existait des gens de grande valeur mais que je n’avais jamais rencontrés auparavant . Ils étaient peu ou pas éduqués mais je leur ai toujours gardé le plus grand respect, ce qui m’a aidé incommensurablement pendant ma carrière politique et en droit de travail.

Sur Internet,  j'ai trouvé un site http://sanmaur-mauricie-cantin.blogspot.com/où M. Pierre Cantin fait un travail merveilleux sur le Sanmaur que j'ai connu ces deux étés de mon adolescence. Mon service de recherches sur mon site me dit que Sanmaur est ma page la plus demandée après la cédule des études du Séminaire d'Amos.