Pierre Bouchard-Une Vie

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ÉTUDES

Septembre 1958 :

1ère année de droit à l’Université de Montréal en droit. Initiation au Pal’s Café (devenu Hôtel de France) 57 Ste-Catherine est. Mon initiation consiste à servir de cible à des lanceurs d’œufs frais alors que je suis en 'bobettes'. Ça pince, mais le pire C’EST DE SE NETTOYER APRÈS.

Cléricature chez Blain & Blain qui ont leur bureaux au Transportation Building (détruit depuis pour faire place au 500 Place d’Armes). L'accès à leur bibliothèque est essentiel pour les séminaires (2 par semaine). Le doyen Maximilien Caron me donne le goût de devenir avocat. Jacques-Yvan Morin me fascine avec son cours de droit international public.

Été 1959:

Travail avec Me Claude Bigué c.r. à son bureau d’avocat à Amos.

Incident avec le fils du docteur Meakins,le médecin de Papa: madame Duchemin rapporte à maman que son fils Pierre s’est mis à boire : nous venions de prendre 1 bière au Continental à Amos. J’ai décidé ce jour-là que je partais d’Abitibi pour de bon.

Septembre 1959:

2ème année de droit. 1 séminaire par semaine au lieu de 2. On a plus de temps pour discuter de tout et de rien (voir ma période beatnik en bas à droite). Je vais au premier cours le matin et je laisse les deux autres cours pour mes collègues. Cela a très bien fonctionné.

Septembre 1960 :

3ème année de droit : sans histoire particulière. Mon meilleur professeur est Jean Beetz qui devint par la suite juge à la Cour Suprême.

Septembre 1961 :

4ème année de droit : cléricature chez Blain Piché Bergeron Godbout Emery.

Printemps 1962:

Études pour examen du Barreau Je loue un chalet à Mont-Rolland pour 3 mois solitaires. Régime d’ascète. 10 heures d’études par jour 12 périodes de 50 minutes 7 jours par semaine; 1 journée de repos par 15 jours pour aller voir Louise ma future.

Juin 1962:

Examen de Barreau au gymnase McGill. J’utilise amphétamines, uppers and downers (drogues légales en ce temps-là) pour passer au travers de ces 2 jours de torture. Ça fonctionne. J’ai toujours eu de la sympathie pour les jeunes qui se servaient de telles drogues quand elles sont devenues illégales.

 

A.G.E.U.M.

(Association Générale des Étudiants de l'Université de Montréal)

1959-60-61:

Membre du comité des Finances avec Pierre Blanchard, Albert Dupuis, Michel Guertin, Gilles Châtel.

1960-61

Président du comité des finances.

1961

L'association me remet son Mérite d’or AGEUM.

Septembre 61,

Je perds l'élection à la présidence de l’assemblée contre Guy Gervais.

1959-60-61

Les 3 revues "Bleu et Or": Gilles Latulippe, Guy Tourillon, Gilles Richer (RIP 1999) sont de grands comédiens et ces revues ont un grand succès à la Comédie Canadienne de Gratien Gélinas (maintenant le TNM). Le sketch de La Fédération des Cons (Confédération) constitue ma première rencontre avec le nationalisme séparatiste.

 

1961-2:

Membre étudiant du Comité du Centre Social de  l'Université de Montréal.

 

TRAVAIL D'ÉTÉ

1959-60 :

Avec Pierre Sylvestre on fait du 'silk screen' pour imprimer les affiches de troupes de théâtre. On fait un peu d’argent.

Mars 1959:

Salon du Sportsman au Palais du Commerce: Blanchard me fait avoir le travail de représentant de la tente Cabanon de France (Jean Pierre Bonhomme). Je comprends que je suis un vendeur né. Je fonde la Centrale du Camping qui me paiera mes études jusqu’à l'automne 1962. Ça me permet de continuer ma vie vagabonde de beatnik.(voir à coté)

Été 1961 :

Boite à chansons : L’aventure de « La Butte à Mathieu » à Val David; avec François Brunet, François Trottier (anciens de Brébeuf), Pierre Sylvestre et Jean Dupriez.

Oct. 1961

Cuite chez Raymond Dupuis le père de Albert Dupuis et propriétaire de Dupuis Frères au Haddon Hall sur Sherbrooke ouest. Je me revois encore, une carafe en cristal de scotch à la bouche, et le réveil du lendemain couché par terre: « Un gentleman a le droit de s’enivrer une fois pour savoir quel cochon il fait, mais pas deux » dixit papa. Je ne me suis jamais enivré par la suite…

Février-mars 1962 :

Première exposition de camping d'hiver avec matériel Cabanon au Séminaire de Trois-Rivières. Je couche sous la tente. Le matin les gens venaient vérifier  si j'étais encore en vie. Grand succès marketing.

Exposition au Centre Immaculée Conception avec les tentes Cabanon. Première rencontre avec le Père De la Sablonnière s.j..

Septembre 1962 :

Je mets fin à la Centrale de Camping, je m’assermente et je commence ma carrière d’avocat. Finies les folies….

MA PÉRIODE BEATNIK

1959-1962 :

On lit Jack Kerouac; on discute sans cesse. On se rencontre le jour chez  Henri Tranquille. On se rencontre le soir au « El Cortijo » sur la rue Clark : je fume là mon premier joint qu’on me dit de « mari » : aucun effet. De cette époque date mon engouement pour Léo Ferré qui représentait le beat français.

Comme je porte la barbe et que celle-ci est bouclée, je me fais traiter de sale Juif en pleine  rue Laurier par de jeunes outremontais. Il fallait leur voir la face quand je les ai engueulés à coup de sacres et blasphèmes en joual dont j'avais acquis tout un répertoire lors de mes étés dans le bois.

Hiver 1961:

Nos rencontres à «La poubelle » de Tex Lecor, boîte à chansons située rue de la Montagne; consommation de cidre "atomique" de Beloeil fourni par Michel Guertin; on ne va pas souvent "Chez Clairette" qui est trop cher pour notre budget d’étudiant.

Ce fut ma période de contestation bien gentille, car les beatniks étaient très pacifiques. On ne voulait pas régler les problèmes du monde. On voulait la paix! Je me rappelle avoir été traumatisé par la bombe atomique et d'être  convaincu de ne pas dépasser 30 ans...

Les choses ont bien changé à partir de 1968......